Entre graves et groove, le bon goût de Seth XVI

Le 24 janvier 2018 par
Entre graves et groove, le bon goût de Seth XVI
Mickael Verdot alias Seth XVI | Photo : A. Combes

Le jeune producteur lyonnais prépare la sortie d’un nouvel EP avec « Taste », un titre élégant à découvrir en avant-première.

A Lyon, on ne plaisante pas avec la musique électronique. Voilà près de 35 ans que l’ex capitale des Gaules s’est érigée comme un berceau du son synthétique made-in-France, depuis les grands anciens comme Jean-Michel Jarre jusqu’à la neo-techno sombre de Gesaffelstein sans oublier Etienne de Crécy, Agoria et le festival Nuits Sonores. Autant dire que tout faux-pas est proscrit lorsqu’on se lance dans le genre entre le Rhône et la Saône. En ce sens, Mickaël Verdot alias Seth XVI peut être rassuré : les premiers pas de son projet au blaze de divinité égyptienne se déroulent jusqu’à présent sans accroc.

C’est l’an dernier que Seth XVI est apparu sur les radars électro avec la sortie de son premier EP Symbolic. Un disque qui, s’il manquait d’un peu de cohérence, a permis au jeune compositeur de démontrer des qualités instrumentales et vocales réjouissantes. Signé sur le label DDM qui accueille également Møme et les popeux de Blow, Seth XVI s’est depuis attaqué à la scène en accompagnant quelques grands noms cet été, avant la sortie d’un second EP baptisé Pulp en mars prochain.

Si des textures fruitées et des nappes languissantes forment le fond de sauce de la musique de Seth XVI, le Lyonnais tire son épingle du jeu dans la bouillonnante scène chillwave grâce à la place centrale qu’occupe le chant dans ses compositions. Disciple assumé de James Blake, Seth XVI mise beaucoup sur son timbre grave et suave, sans que l’on ne sache trop bien jusqu’à quel point les machines y prennent part. Même s’il est aussi pianiste et guitariste, c’est bien autour de cette voix que paraissent s'articuler ses morceaux, et l’on sent ainsi poindre l’ambition d’un véritable songwriting dans son écriture.

Taste, premier extrait de son nouvel EP, est d'ailleurs fait de ce bois. Minimal, pétri d’un groove froid, le titre démarre dans la noirceur de la new-wave avec une gravité presque monocorde. On retrouve bientôt les breaks chers au producteur et une ivresse vocale astucieusement contenue, évitant l’écueil d’envolées chargées qui gâchent tant de compositions du genre. C’est dans la troisième et dernière partie du titre que les émotions se libèrent finalement, grâce à un solo cuivré qui tombe à pic. La suite aura t-elle la même saveur ? Réponse le 16 mars.

Seth XVI - Pulp cover

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