Aux Trans Musicales, le rock dans tous ses états

Le 09 décembre 2018 par
Aux Trans Musicales, le rock dans tous ses états
Ben Hozie et Nikki Belfiglio, couple fatal de Bodega | RF / Chantepie

Le grand festival rennais s’est achevé sur un final électrique mené par Bodega, Psychotic Monks et Al-Qasar.

Les guitares ont parlé hier soir aux Trans Musicales. Plutôt discret lors des deux premières soirées d’un festival marqué jusque lors par la force des voix et la richesse des collectifs, le rock a tenu son rang samedi soir au Parc des expositions grâce à l’alignement de plusieurs groupes qui ont soudainement fait passer le volume dans le rouge.

En forme de potion de jouvence pour fêter leurs 40 ans, les Trans ont ainsi misé avec succès sur la jeunesse de la petite bande new-yorkaise de Bodega. S’ils n’avaient que leur charisme pour eux, ces vingtenaires de Brooklyn feraient déjà un malheur rien qu’avec leur sex-appeal et leurs regards perçants. Mais bien au-delà, Bodega est surtout un vrai groupe magnétique qui a su hier soir mêler le meilleur de la tradition new-yorkaise dans un tourbillon de post-rock, de dance et de punk que ne renierait sûrement pas James Murphy et son LCD Soundsystem. Dans le petit hall 03 archi-comble où la température est montée d’un coup, le quintet a confirmé son statut de promesse de l’année et a montré à ceux qui en doutaient encore qu’ils n’ont franchement peur de rien.

Al Qasar le 08 décembre à Rennes | RF / Chantepie

Al Qasar le 08 décembre à Rennes | RF / Chantepie

Un peu plus tard au même endroit, c’est le combo Psychotic Monks qui a fait détonner ses déflagrations noisy dans une ambiance de plus en plus stridente. Visiblement prêts à en découdre, les quatre Parisiens ont plongé le festival dans leur transe électrique, sombre et psychédélique à la fois, et ont crevé sans conteste le record de décibels hier soir. Dans la chaleur des voix et des sonorités méditerranéennes, les six musiciens d’Al-Qasar ont pris la suite en faisant parler leur oud et leurs tambours touarègues, devant un public conquis par cette rencontre pleine d’humanisme entre rock et traditions musicales orientales.

Jean-Louis Brossard l'avait bien dit, il ne fallait pas non plus manquer Nâtah Big Band en début de soirée (il faut toujours écouter le patron des Trans). Sextet de fest-noz devenu big-band avec l'arrivée de dix musiciens supplémentaires, l'ensemble a créé la surprise avec ses orchestrations léchées et sa fusion jubilatoire de groove second line, folk breton et jazz contemporain.

Arp Frique le 08 décembre aux Trans Musicales | RF / Schnee

Arp Frique le 08 décembre aux Trans Musicales | RF / Schnee

Costume en lin ou apparats disco, le combo fou Arp Frique nous a plus tard embarqués dans une rêverie funk aux saveurs tropicales. Sons de synthé rétro-futuristes, rythmiques afro-caribéennes et basse funk torride, l'ensemble, né de l'imaginaire fou Néerlandais Niels Nieuborg, a propulsé le Hall8 dans la chaleur moite d'un club proto disco de New York avec son cocktail tropical boogie. 

Au même endroit quelques heure après, les Trans avaient trouvé une perle musicale du côté du soleil levant avec le collectif Ajate. Dix musiciens qui ont transmis leur énergie pure et le bonheur de jouer ensemble, à 4 heures du matin, avec leur fusion improbable d'afrobeat et de musique Ohayahsi, le tout exécuté magistralement avec des instruments en bambou fabriqués pour l'occasion.

Nihiloxica le 09 décembre aux Trans Musicales | RF / Chantepie

Nihiloxica le 09 décembre aux Trans Musicales | RF / Chantepie

Pour les amateurs de rythmes électroniques, le meilleur du beat se trouvait sûrement de nouveau au Hall09 samedi soir. Après le set acide imparable offert par la productrice française La Fraicheur, une mystérieuse armée du nom de Nihiloxica a investi de sa puissance tribale la plus grande scène des Trans. Il faut de l’audace pour monter un tel projet où les percussions d’un quatuor ougandais viennent se frotter à la culture techno d’un batteur et d’un claviériste anglais. Le résultat était bien là samedi soir avec une leçon d’endurance percussive qui a plongé le public présent dans une véritable transe, comme sidéré par la puissance incessante de cet ovni sans frontières.

Retour en images sur la soirée du samedi 08 décembre :

Trans Musicales 2018 : samedi 08 décembre

 

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