Aux confins du groove, les échos mystiques de Kodäma

Le 27 avril 2018 par
Aux confins du groove, les échos mystiques de Kodäma
Thomas Huguenel et Kiala Ogawa forment Kodäma | Prioreau

Le jeune duo parisien dévoile le premier extrait d'un nouveau disque pétri de nu-jazz et de broken-beat.

En musique aussi, les fusions hasardeuses sont légions. Malgré l’œcuménisme en vogue et le ciment pratique qu’offre souvent la production électronique, le coup de dés du mélange des styles ne réussit pas, loin s’en faut, à tous les coups. Car réunir anciens et modernes ne s’improvise pas, tout simplement. Alors lorsque l’assemblage est malin, pensé, réfléchi… en plus d’être concluant, les détours du projet apparaissent plus intriguants encore.
 
Pour Kodäma, la croisée des chemins se profile bel et bien comme une ligne d’arrivée et non un point de départ. Voilà deux ans que Kiala Ogawa et Thomas Huguenel ont lancé leur duo avec un premier EP remarqué, entre autres par Gilles Peterson. Ils y ont développé un groove électronique tantôt trépidant, tantôt lascif, et qui lorgne vers des ambiances londoniennes. Cette oscillation entre la rapidité du broken beat et la langueur du trip-hop, Kiala Ogawa parvient à l'assumer aisément au micro grâce à une voix forgée dans la chaleur de la soul-music.

Chanteuse, déjà, au sein de des cosmiques Keys Zuna, cette Franco-japonaise a voulu croiser ses racines familiales et culturelles dans ce nouveau projet solo. Car de Tokyo et Paris, il y a une escale obligée à Lagos sur le trajet artistique de Kodäma. Lagos, capitale de l’afrobeat et de son roi Fela Kuti dont le père de Kiala fut l’un des guitaristes au sein d’Egypt 80. Etrange fusion donc, que ces héritages japonais et ouest-africains réunis au sein d’un projet qui recherche autant le groove primitif nigérian que la mystique des Yokaï, ces esprits naturels typiques du folklore japonais.
 
Une direction poursuivie et amplifiée avec Black Cloud, second EP du duo attendu le 11 mai prochain sur la petite division label du collectif parisien La Mamie's. Alors qu’une reprise du Water Get No Enemy de Fela y est annoncée, c’est avec l’évanescent Wonder que Kodäma a voulu tester sa nouvelle livraison. Un premier extrait qui invite au micro le père de Kiala, et où ambiances ancestrales et montées élastiques se succèdent jusqu’à se confondre dans un prisme de voix, de flûtes et de beats organiques. A suivre de près.

En concert le 23 mai prochain au Hasard Ludique (Paris).
 

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